Réflexion

Toshiro

Posté par le 9 janvier 2015 dans Portraits, Retours de stages, Toshiro Suga | 0 commentaire

Toshiro est un excellent professeur d’Aïkido d’origine japonais (d’où vient l’Aïkido). Il est sur Paris et ne vient dans les Landes que pour animer un stage qui a lieu généralement le premier week-end du mois de Janvier. Quand Toshiro fait des stages, il a l’habitude de raconter des histoires en rapport avec les techniques que nous faisons. Et ce qui est drôle, c’est que tout ce qu’il nous dit, ça nous permet de comprendre d’où viennent toutes ces techniques, leurs racines, leurs origines. Et cela nous permet aussi de comprendre pourquoi elles ont été créées. Et ça, c’est vraiment GÉNIAL !!!!! 2015 Et là, nous entamons l’année 2015 et le stage était les 3 et 4 Janvier 2015. Aujourd’hui, c’est le 4 janvier 2015, cela veut dire que le stage est fini et qu’il va falloir attendre 2016 pour pouvoir le revoir? Non ?! Mais pour moi, cela veut dire autre chose !! Pour moi, ça veut dire : que j’ai fait un stage avec un professeur qui descend de Paris pour nous transmettre tout son savoir, que si je n’avais pas fait ce stage, je n’aurais rien appris sur les secrets de l’Aïkido, que grâce à tout ce que j’ai vu, j’apprends plus de choses sur l’histoire de l’AÏKIDO, les stages nous permettent aussi de faire de nouvelles rencontres, de communiquer avec des personnes qui viennent par exemple de Nantes, de Bordeaux, de Bretagne et il y en a même qui n’hésitent pas à venir de l’Espagne pour faire un stage de 2 jours !! et surtout : « J’AI PASSÉ UN SUPER WEEK-END !!!!!!!!! #:-D» Tous les stages que je fais agrandissent l’amour que je consacre à l’aïkido et agrandit aussi mon épanouissement.                                               ...

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Entretien avec Jean-Marc Chamot

Posté par le 4 mai 2012 dans Portraits | 0 commentaire

  Quand as-tu commencé à pratiquer ? J’ai commencé l’aïkido il y a 33 ans, en 72, 73. J’ai eu beaucoup de chance parce que mon premier professeur était quelqu’un d’extrême­ment ouvert et d’extrêmement charismatique. Il donnait donc vraiment envie d’apprendre, et c’est grâce à lui que j’ai continué, en passant à travers les années en dépit des difficultés qui se présentent toujours à un moment donné. Qui était-ce ? C’est un monsieur qui enseigne toujours. Il est à la retraite : il a passé 65 ans. Il s’appelle Yvon Penglaou. C’est un Breton, un ancien rugbyman, judoka, très costaud : un monsieur de plus d’un mètre 80. Il avait commencé dans les années 60 chez un élève d’André Nocquet, Roger Lefèvre qui, à l’époque, était un des trois meilleurs pratiquants de chez Nocquet, quand ce dernier est revenu du Japon. Roger était aussi un ami de Mariano Aristin qui venait parfois au dojo, et j’ai travaillé avec eux. J’avais 16, 17 ans, j’habitais alors dans la banlieue sud de Paris et, dès la première année – j’ai accroché tout de suite – Yvon m’emmenait dans son ancien dojo à Cachan, dans la banlieue sud de Paris, et là j’ai eu la chance de pouvoir suivre les cours pendant plusieurs années avec Michel Drapeau , Max Méchard qui venait régulièrement, Michel Bécart qui venait de temps en temps et Mariano Aristin qui venait aussi occasionnellement par amitié pour Roger Lefèvre, lequel était à l’épo­que le trésorier de la fédération. Michel Drapeau, Max et Michel Bécart étaient des gens qui venaient de chez Noro directement. C’était extrêmement intéressant pour le jeune lycéen que j’étais alors…  Après avoir passé mon bac, je suis parti un an pour bourlinguer, j’ai vécu un moment en Angleterre. Je suis revenu et j’ai fait des études d’anglais. C’est comme cela que je suis devenu professeur d’anglais. J’ai enseigné en collège, en lycée, et maintenant à Paris X, à la faculté de Nanterre où j’enseigne l’anglais du sport aux sportifs qui préparent entre autres des diplômes pour être professeurs de sport. Est-ce que tu te souviens de pourquoi tu as commencé l’aïkido ? Pourquoi j’ai commencé l’aïkido ? La véritable histoire est assez simple. Dans ma classe, à l’époque, j’avais un camarade qui préparait son 2e dan de judo. Il était très bon et concourrait en championnat de France. On s’entendait bien, et je lui ai dit : « Moi aussi je voudrais faire du judo, ou un autre sport de combat ». Il m’a répondu : « Tu es déjà trop vieux, si tu veux avoir des résultats, viens faire de l’aïkido. Je prépare mon Brevet d’Etat, il faut faire du judo, mais aussi du karaté et de l’aïkido. Viens faire de l’aïkido, le prof est super, tu vas voir, ça va te plaire et il prend les gens qui commencent plus âgés ». Je suis allé voir de l’aïkido comme ça, c’est un hasard, je n’en avais jamais entendu parler. En fait j’avais hésité entre l’aïkido et le karaté, parce qu’il y avait un très bon club dans la ville où j’habitais et c’est par amitié pour mon copain Gilles que je suis allé faire de l’aïkido. Mais c’est vrai que dans les années 70 c’était l’époque de Bruce Lee, on cherchait la bagarre...

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René VDB, la sincérité et la passion d’un budoka

Posté par le 4 mai 2012 dans Portraits | 2 commentaires

  Tu as passé toute ta vie au Havre ? Non, je suis natif de la Sarthe. Je suis né à 7 km du Mans, et je suis arrivé à l’âge de 17 ans au Havre. Avec tes parents ? Non, tout seul. Parce que je suis un petit garçon de l’Assistance Publique avec mes frères et sœurs. Je suis arrivé au Havre à l’âge de 17 ans. Auparavant, j’ai fait la plonge et le serveur dans la restauration, et je me suis dit que ce métier n’allait pas être pour moi, parce que je serais pris les jours de fête et j’ai décidé de faire autre chose. Donc je suis arrivé au Havre pour apprendre le métier de peintre en bâtiment. Ensuite j’ai été pendant des années en ap­prentissage, puis je me suis mis à mon compte pendant 6 ans, ça marchait très bien, ensuite j’ai terminé comme chef de travaux dans une entreprise. Je pratiquais l’aïkido, et cela a été pour moi important, de pouvoir travailler pour gagner ma vie et en plus prati­quer l’aïkido. J’ai énormément travaillé en aïkido, énormément. Lorsque j’ai commencé l’aïkido, j’avais 24 ans. Je suis arrivé dans un dojo de judo très réputé au Havre. J’ai regardé et j’ai vu une affiche avec un samouraï. Il y avait marqué aïkido dessous. Et je dis au professeur de judo, « mais c’est quoi l’aïkido » ? « Oh c’est pour les han­dicapés, ce n’est pas fait pour vous » et je me suis dit « mais pourquoi dit-il ça ? » Parce que j’étais quand même espiègle et je voulais toujours savoir pourquoi les gens disaient des choses. Je suis allé voir, j’ai regardé l’aïki et je me suis dit « ah, ce n’est pas mal ». Le professeur était impressionnant, par sa stature, sa taille dans le dojo, il repré­sentait, il sortait quelque chose. Et il me dit « Vous voulez pratiquer ? » Et je lui dis « Eh bien écoutez, je regarde ». J’ai dû rester ¼ heure, il y avait 7/8 personnes sur le tatami ; il me dit « vous voulez commencer quand ? » et je réponds « je reviens la semaine pro­chaine ». Il s’est dit : « comme tous ». Il y en avait plein, qui venaient et qui regar­daient. La semaine d’après, je suis venu, je me suis inscrit et j’ai commencé. Et depuis ce jour je n’ai jamais arrêté. C’est dans ma mémoire, le 18 septembre 64, j’ai commencé l’aïkido, et j’ai continué. Au bout de 3 ou 4 mois je ne trouvais pas cela aussi dynamique que je l’espérais, et j’avais envie de changer. J’ai bien fait de continuer puisqu’en jan­vier 65, il a invité Maître Noro, et Senseï est venu dans le dojo. Je crois que cela a été pour moi déterminant : c’était extraordinaire de le voir travailler et de pouvoir en plus être à son contact, moi qui était tout jeune et un petit peu fou fou, plein de fougue, plein d’incohérences dans ma façon d’être. L’époque était comme ça, aussi, on avait envie de vivre, envie de s’amuser, et de faire les choses, sans excès, mais de faire tout, tout ce qu’on pouvait utiliser. On allait courir, on faisait des tas de choses, on aimait ça ; peut-être...

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Une question d’intégrité physique

Posté par le 10 avril 2012 dans Technique et pratique | 0 commentaire

    Aujourd’hui, notre société s’inquiète de sa santé. Sans créer un tableau noir trop pessimiste, observons le monde. Sur tous les continents, la violence, l’agressivité se propagent dans la rue, au travail, au sein même de la cellule familiale… Face à ces maux, l’homme cherche à se protéger. Une des réponses ne se trouve-t-elle pas dans le Budo ? Car l’objectif de la voie martiale vise à la non violence par la maîtrise de ses pulsions : colères, peurs. L’Aïkido, en qualité de Budo japonais, répond parfaitement à cette finalité. La pratique régulière des techniques participe à mieux connaître ses limites, à mieux se centrer donc à trouver un nouvel équilibre à la fois mental et physique. L’Aïkidoka se trouve alors davantage en harmonie dans la société moderne. Un mental renforcé, une capacité de réagir exacerbée… Tout cela participe à apaiser l’esprit et à tempérer l’ego de chacun. C’est aussi l’ouverture du chemin de l’esprit et à tempérer l’ego de chacun. C’est aussi l’ouverture du chemin de l’esprit au cœur. Réaliser cette dimension humaine n’est possible qu’avec l’étude assidue de l’Aïkido, comme des autres Budo japonais. Une question d’éducation Pouvons-nous dire que l’Aïkido et la self-défense sont liés ? Répondre oui serait incorrect, mais répondre non serait inexact. Pour éviter toute mauvaise interprétation, ce serait une erreur de signifier que l’Aïkido est une méthode de self-défense. Les Aïkidoka n’ont pas cette prétention. Cependant, la notion de self-défense, l’idée de « se protéger soi-même », existe sur le plan technique, même s’il ne s’agit pas du but exclusif de l’Aïkido. C’est une partie intégrante. Car, si aujourd’hui, les professionnels de la sécurité et les forces de l’ordre s’intéressent de plus en plus à l’Aïkido, c’est parce qu’il y a bel et bien une raison ! Je pourrais citer par exemple un haut responsable de la police qui m’a dit : « J’ai choisi l’Aïkido pour mes hommes, car je veux des hommes réfléchis ». En fait, il expliquait vouloir des hommes capables de maîtriser toute situation sans violence. Quelles techniques répondent le mieux à une agression ? Ne confondons pas la réalité de la rue avec une pratique tatami. Les unes sont vulgaires et violentes, celles de Budo sont systématiques, réglées. Les buts ne sont pas les mêmes. Un combat de rue naît de l’agressivité. Il en ressort de la violence, une énergie destructrice. Les techniques du Budo ont au contraire pour but de préserver la vie. C’est une question d’éducation. En principe, les aïkidoka, confirmés dans leur pratique du Budo, possèdent les moyens de répondre sans violence à une situation d’agression. Mais, il serait aventureux de dire que telle technique est plus efficace qu’une autre. Chaque situation appelle une technique différente. On ne choisit pas la technique, c’est une réaction mentale et physique spontanée. L’Aïkido peut devenir une arme efficace à condition que sa philosophie de non-violence soit bien comprise. Les quatre méthodes de l’Aïkido efficace Ko Taï : c’est le premier niveau de travail solide et précis. On emploie la force physique dans le but de renforcer l’ossature et la musculature pour construire les fondations. C’est l’état solide. Ju Taï : c’est le travail avec la souplesse, sans contraction inutile contre attaque ou saisie appliquée brutalement. C’est l’état fluide Eki Taï : c’est agir juste avant l’attaque, le partenaire ne parvient pas à vous toucher. C’est l’état liquide. Ki Taï :...

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La parabole de l’eau et de la lune

Posté par le 10 avril 2012 dans Histoire et philosophie | 0 commentaire

                  L’une des paraboles les plus populaires que l’on retrouve fréquemment dans le Zen et les arts martiaux japonais traditionnels, est celle de l’eau et de la lune. Dans le Zen, il y a un Koan (un enseignement) qui s’appelle « les deux lunes ». Un jeune aspirant à la prêtrise interroge son maître à propos de l’essence du Zen. Le maître lui signale alors l’eau calme de l’étang et lui demande : quelle est la lune « réelle », celle qui se reflète dans l’eau ou celle qui apparait la nuit dans le ciel ? En essence, ces deux lunes sont le reflet de l’activité des esprits qui perçoivent constamment « deux » réalités : celle du monde tel qu’il nous apparaît et le monde que nous créons dans nos esprits. De grands sabreurs du passé faisaient souvent référence à cet enseignement. Dans les arts martiaux nous apprenons et nous nous concentrons souvent sur ce qui semble être la lune (le reflet dans l’eau) et nous ne percevons pas celle qui se trouve là-haut dans le ciel. Comment savons-nous si la lune est réelle alors que nous ne pouvons pas même la toucher ? Est-ce la même illusion pour les deux lunes, celle qui se trouve dans le ciel et la lune reflétée dans l’eau ? Dans le Zen, l’esprit doit être vide pour recevoir tout ce qui se trouve autour de lui sans apriori. Dans les arts martiaux cela veut dire appréhender l’adversaire et l’attaque tels qu’ils sont réellement et non tels que nous les percevons. Yagyu Renyasai, l’un des plus grands sabreurs du japon féodal fut un maître de l’école de l’épée de Yagyu Shinkage Ryu. Yagyu fut le fondateur de cette école et l’instructeur personnel du premier Shogun, Tokugawa Ieyasu. Renyasai devint l’héritier du Owari, une branche du Shinkage Ryu. Il ne se maria jamais et consacra sa vie entière aux arts martiaux. Outre sa réputation de grand sabreur, il était aussi un expert de la cérémonie du thé et un poète. Il existe beaucoup d’histoire et de légendes sur lui et sur sa réputation qui apparaissent souvent dans les films de Samouraï. Yagyu Renyasai était extrêmement intéressé par la conception d’une arme parfaite pour le combat. Il fit appel à une multitude de forgerons. De ses conceptions personnelles on a gardé la Yagyu Koshirae, la monture du sabre telle qu’il la dessina lui-même, et le Yagyu, la garde.Seules quelques-une d’entre elles furent forgées par lui et il céda la plupart à ses élèves les plus remarquables. Elles sont extrêmement rares aujourd’hui. Les collectionneurs d’épée japonaise essayent désespérément de trouver l’un ou l’autre exemplaire et paient des prix exorbitants pour les conserver. Il est rare qu’un sabreur puisse concevoir et fabriquer ces propres gardes, mais le phénomène n’est pas tout à fait inconnu. Un autre sabreur fameux dans ce domaine fut Miyamoto Musashi qui fabriqua quelques gardes pour son propre usage avec Togo Jui, le fondateur d’une autre école de sabre célèbre : Jingen Ryu. Les gardes de Yagyu sont peu usuelles et chacune d’elle exprime un enseignement secret de l’école Yagyu Shinkage Ryu. Renyasai aimait beaucoup la représentation de la parabole de l’eau et de la lune et il l’utilisait fréquemment dans ses gardes. L’un des rares exemples est celui que nous vous présentons ici. Entre les vagues on peut voir le léger dessin de...

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Les points-clés ? Mobilité et maîtrise de la distance (entrevue avec René Vandroogenbroeck)

Posté par le 29 mars 2012 dans Technique et pratique | 0 commentaire

  Elève de Tamura Senseï et fondateur de l’Aïkikaï du Havre, René Van Droogenbroeck (6ème dan), technicien hors-pair, est un professeur d’Aïkido réputé pour l’efficacité de son travail. Présent lors du dernier festival des arts martiaux de Bercy, le côté « réaliste » de son exhibition a été très apprécié par un nombreux public. C’est avec le même souci d’efficacité, qu’en matière de saisie, il préconise tout d’abord de bien observer son adversaire afin de limiter le choix de ses attaques, mais aussi d’être également prêt à aller jusqu’au « sacrifice ».   Quelles sont, pour vous, les meilleures conditions pour que s’effectue une saisie efficace ? Deux choses sont très importantes. Il s’agit tout d’abord de la mobilité et ensuite de la maîtrise de la distance. Cette dernière peut être courte ou plus longue car tout dépend bien sûr de l’attaque et aussi de notre riposte. Néanmoins, il faut absolument occuper cet espace comme celui de la mobilité. Il faut littéralement faire « bouger » son adversaire dans la direction que l’on a choisie. En ne lui offrant par exemple que certains angles d’attaque on limite ses choix et donc son potentiel d’atémis.   C’est donc notre propre positition de départ, notre garde, qui va prédéterminer l’attaque de l’adversaire ? Tout à fait. Si par exemple vous vous présentez un peu de profil, il n’y a vraiment que peu de chance pour que votre adversaire décide de vous surprendre à l’opposé de l’épaule que vous lui présentez. Dès lors, ses choix sont limités et à ce stade on peut déjà envisager certaines répliques.   En Aïkido, les projections après une saisie occupent une place très importante. Qu’en est-il des immobilisations ? Les projections sont une partie de l’Aïkido, mais il ne faut pas oublier que les atémis et les immobilisations le sont tout autant. Lors d’une attaque, nous répliquons d’ailleurs très souvent par un atémi suivi d’une immobilisation où l’adversaire se retrouve toujours sur le ventre, jamais sur le dos.   Votre enseignement est réputé pour son côté « réaliste ». Quels sont les différents types de saisies que vous enseignez et qui fonctionnent ? Sur une attaque directe du poing, la technique « hijikimeosae », qui est une clé de coude, marche très bien. Sur une attaque en jambe, je préconise de rentrer au « contact » avec l’adversaire pour ne pas s’exposer à la puissance de frappe qui se trouve au bout de la jambe. Une fois au contact, c’est l’atémi qui intervient et enfin la projection.   La vitesse d’exécution est-elle importante ? Senseï Noro disait : « Plus l’adversaire est rapide et plus il faut être lent ». Par « lent » il fallait comprendre « précis ». La précision réclame d’être « dans le temps » de l’attaque. C’est ce qu’on appelle aussi « le timing ». Cela s’acquiert avec le travail et la persévérance. Il faut également savoir bien observer son adversaire. A l’intérieur de l’instant qui s’écoule avant son attaque et jusqu’au moment où il s’apprête à la lancer, il existe un instant « clé » très court, mais suffisant pour déclencher en nous la réponse juste qui, bien sûr, peut être une saisie.   Quelles erreurs faut-il éviter lorsqu’on s’apprête à saisir ? Il faut tout d’abord « être puissant », c’est-à-dire en accord complet avec son mouvement et avec son adversaire. Cela veut également dire que même face à une arme, il faut parfois envisager une forme de « sacrifice » pour parvenir à...

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Entretien

Posté par le 27 mars 2012 dans Malcolm Tiki Shewan, Portraits | 0 commentaire

    Malcom Tiki Shewan, ce n’est pas un nom français, n’est-ce pas ? Non, c’est un nom écossais. Tiki, au milieu, c’est un nom que j’avais quand j’étais tout petit, tout simplement parce que le diminutif de Malcom c’est Mac, et mes parents voulaient un nom un peu plus agréable que Mac, donc ils m’ont donné un nom qui devait durer pendant toute mon enfance. Mais à 17-18 ans, quand j’ai commencé l’aïkido, « Malcolm » était difficile à prononcer pour les Japonais, alors quand je leur ai dit que je m’appelais aussi « Tiki », ils ont trouvé ça très bien. Et le hasard veut que cela puisse s’écrire avec des kanji qui veulent dire « se connaître soi-même » ou « vieux copain ». Donc ça va très bien.     Depuis combien êtes-vous en France ? Depuis 1973. Depuis 1968 en Europe, et depuis 73 ici.   Vous êtes venu avec vos parents ? Non, tout seul. A 18 ans je vivais tout seul, en Angleterre, en Suisse et après en France.   Pour des raisons professionnelles ? Pour mes études. J’étudiais les langues. J’avais fini mes études secondaires aux Etats-Unis à 17, 18 ans, et j’étais allé en Angleterre, à Oxford, pour poursuivre des études de langues. Et j’ai commencé à faire de l’aïkido.   En même temps ? Oui, en même temps   Mais vous n’avez pas fait des langues votre profession? Non, mon activité principale, c’est l’aïkido   Et c’est là que vous avez trouvé l’amour de l’aïkido ? Je ne sais pas… je faisais de l’escrime depuis l’âge de six ans et à 10 ans, on m’a inscrit à Londres au Budokwai pour faire un peu de judo, et cela avait laissé des traces. À 14 ans j’ai commencé à faire du iaï, donc du sabre japonais, à New York. Et puis quand j’ai été à l’université, j’ai cherché des activités à faire, j’ai fait un peu d’escrime, puis j’ai pensé faire un peu de judo, et je me suis blessé en faisant du judo. Je voulais faire autre chose… Je voulais faire du karaté, mais je me suis trompé de jour. Je suis tombé sur un cours d’aïkido et, de vue, j’ai trouvé ça tellement merveilleux que je me suis dit : « Voilà, je vais faire ça ». Et le lendemain j’ai débuté en aïkido. J’avais déjà de bonnes bases par rapport au budo, ayant fait du iaï et aussi un peu de kendo. Quand j’ai fait de l’aïkido, j’étais déjà un peu dégrossi sur beaucoup de choses, pas techniquement, mais… J’ai eu l’occasion de pratiquer avec Me Tamura à peu près un mois après avoir commencé, et j’ai trouvé ça tellement merveilleux que, depuis, je m’y suis entièrement consacré. C’était en fin 1969 début ’70. A cette époque je faisais 5, 6, 7 heures par jour. Il y avait des stages qui duraient un mois à Annecy, et en Italie à Desenzano : J’y allais et j’en faisais du matin au soir. Quand on est jeune…   Qui donnait les stages à cette époque ? A Annecy, c’était intéressant parce que cela durait un mois, et il y avait Me Tamura qui encadrait principalement le stage et il avait toujours, de passage, des amis. Il y avait, je pense, un grand...

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Propos sur la pratique

Posté par le 15 mars 2012 dans Daniel Leclerc, Technique et pratique | 0 commentaire

     Qui n’a pas entendu dire que la technique n’est qu’un moyen, pas une fin. Elle reste, néanmoins et avant tout, l’outil qui nous ouvrira les portes de l’Aiki. Dès lors, il y a lieu de se demander : « mais puisque la technique n’est pas une fin, quelle est donc la fin de la technique ? » L’Aikido est principalement une pratique corporelle. C’est à travers le corps qu’O’Sensei nous propose de trouver l’harmonie en nous et avec le monde. C’est l’instrument avec lequel nous étudierons le mouvement et entrerons en relation avec l’autre pour finalement percevoir que ce mouvement est celui de l’Univers lui-même et qu’il faut nous mouvoir en accord avec ses Lois, physiquement et mentalement. Dans un précédent article, j’écrivais que l’Aikido se pratiquait physiquement, intellectuellement et émotionnellement. J’aimerais aujourd’hui expliquer ce que j’entends par là. Dans un premier temps, je voudrais préciser qu’il n’existe aucune séparation entre ces 3 aspects de la pratique qui, naturellement, forment un tout. Une pratique seulement physique, ou seulement intellectuelle ou encore seulement émotionnelle générera un déséquilibre qui limitera le pratiquant dans sa progression et engendrera un hyper technicien insensible, un intellectuel pas doué ou un saint béat. En revanche, au cours de notre parcours martial, nous sommes amenés à pratiquer plus sur un aspect que sur les autres ou, pour être plus précis, à nous investir plus, à un moment donné, dans l’un des trois.   La pratique physique Elle est la plus essentielle, la plus concrète, la plus évidente, ce qui ne veut pas dire la mieux comprise car elle est basée sur l’étude des mouvements à la fois de Tori et d’Uke. L’une des premières motivations du pratiquant devrait donc être celle d’acquérir ces mouvements dans son corps. Pour ce faire, ce dernier n’a besoin que d’une seule chose : répéter. C’est en répétant et en répétant les mouvements qu’il apprend comment bouger en accord avec les principes sur lesquels a été fondée sa discipline. C’est seulement lorsqu’il pourra bouger selon ces principes, sans y penser, qu’il commencera à pratiquer Aikido, un peu comme le pianiste qui doit oublier ses doigts pour « interpréter » La Musique. Cependant, oublier ne veut pas dire qu’il n’a plus besoin de la technique mais, plutôt, que ses doigts ont acquis la capacité de bouger naturellement, sans qu’il doive y réfléchir. C’est alors que sa pratique pourra entrer dans une autre dimension, celle qui lui permettra d’oublier son corps, d’oublier la technique. Tant que ses doigts ou sa technique poseront problème, il ne pourra prétendre jouer de la musique ou pratiquer l’Aikido. Évidemment, il peut paraître insensé de prétendre que l’étude technique puisse être oubliée. Effectivement, elle ne l’est jamais réellement et c’est la raison pour laquelle même les plus grands virtuoses répètent régulièrement leurs exercices de base. Il en va de même pour un pratiquant d’Aikido : il ne doit jamais arrêter de pratiquer, de répéter, aussi bien Tori que Uke (la main gauche et la main droite). L’âge ne facilite pas la tâche, notamment pour la partie Uke. Mais à ce niveau également, l’acquisition physique des principes, c’est-à-dire ce que j’appellerais : « la compréhension ou l’intelligence du corps », devrait permettre au pratiquant moins jeune de prolonger sa pratique d’Uke jusqu’à un âge avancé. « L’intelligence du...

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Le travail aux armes

Posté par le 15 mars 2012 dans Daniel Leclerc, Technique et pratique | 0 commentaire

  Entretien avec Daniel Leclerc     AJ: Tu travailles beaucoup avec les armes. Pourquoi ? DL : Parce qu’il est impossible de dissocier le sabre du Japon : toute l’histoire des arts martiaux japonais est liée au katana. Si tu veux avoir une chance de comprendre le Budo japonais, tu ne peux pas ne pas étudier le sabre, le Ken. Et O’Senseï n’a pas échappé à la règle : ne dit-on pas de l’Aïkido qu’il est l’art du sabre sans sabre ? Hélas, il n’a laissé aucune didactique et si ce n’était l’effort de Saïto Senseï dans ce sens, l’étude du ken, et des armes en général, aurait déserté depuis longtemps nos dojo d’Aïkido. Pour ma part, ma démarche a été la suivante : retrouver à travers l’étude du sabre les principes qui ont inspiré O’Senseï pour créer l’Aïkido. Cette recherche m’a porté à étudier le Budo classique dont la didactique a fait ses preuves au fil du temps, puisque certaines écoles pré-datent 1600. Cette didactique est parfaitement structurée et conduit progressivement le pratiquant à appréhender les principes qui sous-tendent le Budo japonais. Rien n’est laissé au hasard, tout est prévu, réglé, éprouvé. Tu dois seulement perdre temporairement ta liberté en confiant ta progression à des séries de mouvements que d’autres ont créées pour toi : les fameux Kata, tant décriés. Comme j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le dire, ce que j’aime avec les armes, c’est la liberté ; mais le prix de la liberté, c’est le Kata. Ce que j’aime en Aïkido, c’est la liberté ; mais le prix de la liberté, c’est la médiocrité. Cette liberté, tu ne manqueras pas de la retrouver, pour autant que ta recherche soit sincère et ta pratique assidue. Mais rien n’est garanti. Et tu ne manqueras pas de la trouver chez de nombreux élèves de O’Senseï. Qui a pratiqué le ken de Shirata Senseï, d’Arikawa Senseï, de Saïto Senseï, de Kobayashi Senseï, de Tamura Senseï, de Chiba Senseï et autres me comprendra. Mais je ne prétends pas que l’étude de l’Aïkido doive nécessairement passer par les armes : loin s’en faut. L’Aïkido se suffit à lui-même : c’est seulement nous qui n’y consacrons pas suffisamment de temps, ou qui avons cessé d’apprendre… AJ : C’est plus difficile d’apprendre les mouvements aux armes qu’en Aïkido ?… DL : Non, au contraire ! C’est plus facile. Enfin, ne me fais pas dire ce que je ne veux pas dire : plus facile, mais pas plus simple. C’est plus facile, parce que l’on te dit pratiquement comment faire. On te dit : « Pratique et étudie les Kihon et les Kata et tu comprendras les principes qu’ils illustrent ». Dans les Ecoles classiques d’armes, les Kata font office de testament technique et ce sont les pratiquants, par leur travail et leur engagement, qui les font survivre en transmettant fidèlement leur testament. En Aïkido, on te donne des indications, des directions de recherche, des points-clés. Pour autant que je sache, O’Sensei n’avait pas structuré sa didactique et l’on doit la nomenclature actuelle à son fils : Kisshomaru. De ce fait, rien n’empêche aujourd’hui de considérer Ikkyo ou Shiho nage comme un Kata, même si cette affirmation peut en irriter plus d’un. Très schématiquement, deux types de didactique peuvent être définis : Omote et Ura....

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Didier Allouis

Posté par le 12 mars 2012 dans Portraits | 0 commentaire

J’ai commencé l’Aïkido en 1971, à l’âge de 13 ans. A 16 ans j’ai reçu mon Shodan. En 1982 j’ai obtenu le diplôme d’état 1er degré d’Educateur sportif, j’étais alors 3ème Dan. Par la suite, j’ai commencé à enseigner à la MJC Lyon St-Rambert (9ème) de 1984-1986 puis à la MJC Villette Paul Bert (Lyon 3ème). Mon parcours d’enseignant s’est poursuivi avec la création du club d’IRIGNY(Rhône). De 1996 à 2001, j’ai enseigné au Dojo d’Essling (Lyon 3ème), avant d’ouvrir le Dojo ARA, inauguré par Tamura Sensei en novembre 2001. Actuellement, je suis 6e Dan et j’occupe les postes A.T.R (Animateur Technique Régional), C.E.N (Chargé d’Enseignement National), C.C.T (Membre de Comité de Coordination Technique), Responsable Commission 3ème et 4ème, Membre du comité de Réflexion et de...

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